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7 octobre 2015

Ankti


Je ne parle pas souvent d'Ankti, pourtant, elle est bien jolie, malgré son caractère de bulldozer affectueux!

Cette adorable peste n'aspire qu'à travailler régulièrement, en fait. Elle est particulièrement intelligente, curieuse, câline et têtue. Elle veut se rendre utile, elle veut apprendre et elle veut... se faire gratter les fesses !

En fait, on pourrait l'appeler Mlle Je Veux.


Elle est l'archétype d'une certaine lignée de Curly; ceux qui mêlent un côté teflon et un côté bulldozer affectueux. Parce qu'ils nous envahissent facilement et qu'ils donnent l'impression d'avoir une notion très vague de votre espace personnel, ils font ressortir la bête (le bête?) en vous avec des envies de crier, de vous agiter, de les contrer... alors que ces réactions les font se fermer et vous ignorer royalement, ce qui est frustrant.

Alors que si vous souriez, chuchotez, demandez avec subtilité, ils deviennent complètement attentifs et collaboratifs. Ils ont un caractère très proche de celui des mustangs et que je retrouve aussi chez dame Augustine. Il n'y a pas grand chose qui les émeuve. Ils aiment explorer, tester, apprendre et confronter. Finalement, ce sont d'excellents éducateurs d'humains, surtout lorsque l'humain décide de laisser son égo et ses prétentions de côté.


Ils font les meilleurs partenaires du monde... et m'aident énormément à cultiver ma zénitude!

8 avril 2015

Chimo


Série de photos prises par Camille, il y a deux ans. Je me suis contentée de les recadrer. Comme le masque anti-mouches de Chimo est au sol derrière André, je présume que le but de l'exercice était tout simplement de le lui mettre, un jour où celui-ci n'en avait probablement pas envie.

André demande à Chimo de venir le voir et Chimo rouspète, car il a une réputation d'étalon indépendant à faire respecter...

Confrontation entre deux esprits aussi obstinés l'un que l'autre. Chimo sait très bien ce que lui demande André, mais ça l'agace! Et quand Chimo est agacé, il secoue la tête... ce qui donne des photos plutôt cocasses!



Alors qu'André demeure calme et ancré, en faisant signe à Chimo de venir le voir, Chimo fait les cent pas, résiste mentalement et... secoue la tête! C'est un peu le doigt d'honneur des chevaux...




Chimo : Non! Non! Non! Je ne cèderai pas! Je sais ce que tu demandes, mais ça m'agaaaace!
André : Je sais. Viens me voir quand-même...



Chimo (ronchonnant) : Bon, ok d'abord... on ne va pas y passer la journée, comme tu insistes...
André (toujours aussi posé) : merci.



Chimo (in petto) : Tout ça pour ça!

Petite note sur Chimo :

Chimo a eu une enfance difficile. Il semble qu'il ait passé les six premières années de sa vie dans un rond de longe de 18 mètres de diamètre, à trotter et galoper dans un sens et dans l'autre, jour après jour.
 
Lorsque nous sommes allés le chercher, il avait 6 ans, il portait encore un licou de yearling dont - heureusement - la muserole (la partie autour du nez) avait lâché, quoique son chanfrein reste marqué par le fait qu'il a grandit dans un licou trop petit.

Manifestement, ses sabots n'avaient jamais été parés et - une fois encore - heureusement qu'il était aussi actif, ce qui a permis de les garder d'une longueur raisonnable, mais le fait de toujours tourner en rond lui avait quand-même déformé les pieds.

Les humains, surtout les hommes, l'inquiétaient énormément et, s'il se sentait coincé, il était tout simplement terrifié. Son ex-propriétaire nous a dit qu'il avait été "éduqué" par un élève de John Lyons. Nous avons surpris cet homme en train "d'éduquer" une pouliche et nous avons pu constater que 1) s'il avait suivi le moindre enseignement de John Lyons, il ne les avait certainement pas saisis; 2) On comprenait d'où venait les crises d'angoisses d'Insy (qui vient du même endroit) et j'ai pu diagnostiquer pourquoi Chimo était alors particulièrement intouchable du côté droit et impossible à toucher sur les jambes :  probablement attrapé au lasso, jeté et ligoté au sol et "désensibilisé" à grands coups de corde... Oui, cela se fait. Encore. Beaucoup. Oui, c'est abominaffreux.

Je vous passe les détails sur comment nous avons découvert Chimo, les tenants et aboutissants, c'est une longue histoire... mais rendons à César ce qui lui appartient, il y avait un humain qui l'aimait vraiment et beaucoup, à qui il n'appartenait pas, mais qui lui a probablement permis de conserver cette gentillesse innée. Car Chimo est un gentil. Fier et gentil. Nous sommes tombés sous le charme dès l'instant où nos yeux se sont posés sur lui. C'est cette présence, cette fierté qui nous a fait le ramener chez nous, malgré ce que la raison nous dictait. Jamais, une seconde, ni André ni moi n'avons regretté cette décision.

Chimo nous a appris tellement. Un professeur extraordinaire qui ne laisse rien passer. Au sol et à distance, il lit le moindre transfert de poids de notre corps, froncement de sourcils, changement d'humeur, manque de concentration. Il nous a fait remettre en question le peu que nous savions, nous a forcé à l'étude, la patience et le calme intérieur. Il pardonne nos erreurs, mais nous fait revoir nos leçons. Chimo est un maître.

Malgré ses peurs et ses angoisses et malgré nos maladresses, malgré qu'il soit entier et qu'il ait un harem à aimer et protéger, Chimo n'a jamais été agressif. Même lorsque, alors que je lui apprenais à se laisser toucher les jambes, il les lançait violemment hors de portée, il a toujours pris soin de ne jamais le faire dans ma direction; sa défense a toujours été de se mettre hors de portée, jamais l'attaque. Sauf une fois, au tout début, la seule et unique fois où il a montré de l’agressivité vers un humain : un cow-boy du dimanche empestant l'after-shave pérorait avec arrogance, dos à Chimo. Moi, polie, je faisais semblant d'écouter, cherchant une issue qui me permettrait de me débarrasser du fâcheux, lorsque Chimo l'a soudainement mordu à l'épaule! Comme il n'y avait pas mort d'homme, j'ai eu beaucoup de mal à retenir mon rire alors que le vaniteux prétendait que cela n'était rien, mais je sais qu'il a du avoir un sacré bleu. Et il est parti, le sourire crispé. Merci Chimo.

Depuis, nous avons fait un bien beau bout de chemin avec Chimo. Toujours attentif, il travaille au sol parfaitement. J'avais commencé son débourrage et, petit à petit, il acceptait selle et bride sans difficulté. Lui faire accepter que nous soyons plus haut que lui, perché sur un montoir, à ses côtés, a été tout un défi. Quand est venu le temps de le préparer au cavalier, j'ai senti qu'il était trop tôt. Simplement le fait de poser ma main sur la selle, alors que j'étais debout sur le montoir, le faisait s'enfuir, que cela soit physiquement ou psychologiquement. Alors j'ai arrêté, décidée à lui donner le temps qu'il faudrait et si l'occasion ne se présentait jamais et bien, c'était sans importance. Il était heureux, adorable avec ses juments, produisant des poulains merveilleux, toujours préoccupé par la sécurité de son troupeau. C'était son boulot et il le faisait parfaitement.

Dans la vie, un étalon a deux obligations : se reproduire et protéger son troupeau. Chimo a fait l'un et l'autre avec brio. Mais le métier d'étalon est dur pour les nerfs, car il demande une vigilance de tous les instants. Chimo va avoir 19 ans cet été, nous avons voulu lui offrir la zénitude qu'il méritait et c'est pourquoi nous l'avons fait castrer (voir Le Battement d'aile du papillon). Rassurez-vous, il va très bien et, surtout, il semble zen. Il est beaucoup moins anxieux pour ses filles et les laisse vivre leur vie alors qu'il profite du soleil printanier pour faire une sieste. Bien sûr, il continue à réagir quand l'une d'elle vient lui faire de l'oeil, mais il se lasse et finit par les ignorer. Pour l'instant, il répond toujours à Hélios quand celui-ci le nargue et le défie, mais ce n'est plus Chimo qui commence. Bref, il se passe ce que nous souhaitons. Et je pense même revoir son débourrage cet été, qui sait, il sera peut-être ravi d'avoir une nouvelle job?

4 décembre 2014

Entrainement ludique

Le froid et le ciel gris de décembre m'incitent à choisir des photos remplies de ciel bleu, de chaleur et de couleur.

Nous voici donc au mois de juillet, en pleine séance d'apprentissages : Azarah apprend de nouveaux obstacles; Rowyn apprend à apprendre à Azarah; Laura apprend à Rowyn à apprendre à Azarah; et moi, j'enseigne à Laura comment apprendre à Rowyn à apprendre à Azarah, tout en apprenant moi-même de ces enseignements... Ça va, vous me suivez ?

Azarah semble dubitative, que doit-elle faire de ce cerceau au sol? Y mettre un pied, ou l'autre, ou les deux, selon ce que lui demande sa cavalière ! Quand à Jack, il préfère se cacher derrière sa Camille (dont l'attitude étudiée de relaxation- tête basse, épaules relâchées - invite Jack à en faire autant) pour ne pas voir la méchante toile colorée qui risquerait de le dévorer ! Mais nous reviendrons à Jack une autre fois.



Apprentissage de la toile colorée au sol (une toile de parachute). Azarah est curieuse et avance sans hésitation.





On laisse le cheval bien regarder de ses deux yeux, afin qu'il puisse apprécier et découvrir en utilisant sa vision binoculaire (voir lien ci-dessous), puis terminer son analyse en touchant du bout du nez (couvert de poils tactiles) et en utilisant son odorat.

http://www.soncheval.com/vueducheval.html


La confiance et la relaxation de sa cavalière et le fait qu'elle ait pu démystifier l'obstacle font qu'Azarah n'hésite pas à poser ses pieds sur la toile...



Il y a une ouverture au centre de la toile, alors la curieuse Azarah doit absolument voir si elle mène quelque part !




On passe ensuite aux autres embuches : barres au sol, slalom autour de cones surmontés de moulins à vent, labyrinthe, etc.


Rowyn découvre combien le cheval va mimer sa propre posture et le changement de poids dans la selle. On n'hésite pas à exagérer les mouvements, l’objectif étant de mener au poids du corps et non par la tension des rênes. Pour ce genre d'exercices, Azarah est excellente, car elle n'aime pas la pression, mais répond extrêmement bien à la suggestion polie (tout le portrait de son père!)





«En avant, calme et droit» (testez vos connaissances : qui peut me dire de qui est cette citation? )


Pendant que Laura explique le parcours attendu à Rowyn, Jack poursuit sa désensibilisation au parachute. Il accepte maintenant de passer entre sa maitresse et le monstre, sans sauter dans les bras (ou sur les pieds!) de Camille.

Il est toujours édifiant de constater combien un cheval calme ne veut pas dire un cheval qui n'a peur de rien ou, au contraire, un cheval plus sensible ne veut pas dire un cheval peureux. Azarah et Jack sont d'excellents exemples. Généralement flegmatique (sinon flemmard), Jack peut être très inquiet, mais il est toujours assez concentré. Azarah est facilement distraite et têtue, elle aime bien se raconter des histoires, mais sa curiosité et son courage font qu'elle affronte et explore, pour finalement passer assez bien partout. Il lui faut simplement un humain en qui elle a entièrement confiance. J'ai remarqué que les juments étaient souvent ainsi, elles ont particulièrement besoin d'établir une relation avec leur humain et elles les mèneront jusqu'au bout du monde... Les étalons sont studieux et attentifs, les hongres s'adaptent et miment l'humain qui les manipule. C'est une généralité, bien sûr.



Slalom...



Slalom et moulins à vent : cavalière concentrée et jument attentive, plutôt heureuse...



Labyrinthe... attention, observation, déduction et action !

31 août 2012

Le bonheur est souvent dans le pré !

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Afin de commémorer mon retour dans la blogosphère, je me permets de partager la réponse que je viens d'envoyer à l'une de nos ex-stagiaires, histoire de nous remettre dans le bain équin. Je le fais sans prétention aucune. Cette jeune femme, par ailleurs superbe cavalière, a eu la gentillesse de faire appel à mon point de vue. Ce billet n'est donc que ça : mon point de vue, l'approche que je favoriserais dans ce cas. Ce qui me fait m'apercevoir qu'il n'est vraiment pas facile de mettre par écrit les étapes d'une danse faite de ressenti, d'observation, d'action-réaction au gramme et à la seconde près... Les chevaux ne viennent pas avec un mode d'emploi et les humains n'ont plus. Ce qui fonctionne avec l'un peut s'avérer totalement inadéquat avec l'autre... Il y a des jours et des lunes où les étoiles s'alignent parfaitement et la danse s'exécute à la perfection. Et des jours de dépression et d'orages où rien ne semble fonctionner... Le mot d'ordre est patience. Patience, persévérance, observation, instinct, ressenti... et zénitude !

***

Bonjours Isabelle, (...) je tenais à te remercier pour tous tes conseils, ils m'ont bien aidée avec mon cheval, grâce a ta technique de travail en liberté j'ai réussi à le faire monter dans le grand méchant van qui le terrifiait!! et je voulais te demander si tu avais un conseil à me donner, car je rencontre une difficulté avec mon cheval, il ne se laisse plus du tout attraper au pré. Certaines personnes m'ont donné des conseils, mais je n'aime pas forcément leur manière de faire et vu que j'aime beaucoup ta technique, je voudrais savoir si tu avais un petit conseil?? Merci d'avance de ta réponse, plein de bisous à tout le monde aux ranch à bientôt!
B.

Bonjour !

Désolée, je ne sais pas faire court et, à la relecture, je me rends compte que ma réponse tient plus du roman que du petit truc technique...

Merci pour ces nouvelles et ces gentils mots. Voyons ce que je peux faire pour ton cheval et toi.

Il y a plusieurs approches possibles, mais la première chose à faire est de te mettre à la place de ton cheval et d'essayer de comprendre pourquoi est-ce qu'il ne veut plus se laisser attraper. Est-ce que c'est parce qu'il craint quelque chose ou simplement parce qu'il est mieux au pré avec ses copains qu'avec toi (surtout si c'est pour travailler) ? Est-ce que c'est tout le monde qui ne peut pas l'attraper ou bien une personne en particulier ? Est-ce que c'est seulement lorsque tu as une longe en main ou bien est-ce en tous temps ? Y réfléchir te permettra de choisir la meilleure approche.

Ensuite, il ne faut pas être pressé(e). Si tu te dis : «J'ai 20 minutes pour l'attraper» cela va te prendre la journée. Si tu te dis que tu as toute la journée devant toi, cela te prendra probablement moins de 20 minutes... Cette attitude mentale va se transférer à ton attitude physique. Les chevaux lisent le langage corporel avant toute chose. Il faut donc être conscient de l'image, l'énergie que nous projetons.

Je sais que je l'ai déjà dit, mais la lecture du livre COMMUNIQUER AVEC SON CHEVAL de Véronique de Saint-Vaulry est un excellent outil aussi.

Il faut que ton cheval ait envie de venir te rejoindre et de passer du temps avec toi. En échange, il faut que tu lui offres des moments de belle complicité et d'amitié, que cela ne soit pas uniquement lorsque tu veux le monter que tu ailles le voir... de bonnes séances de grattouilles sont toujours appréciées. Mais n'oublie pas d'établir des règles claires, notamment sur le respect de ta bulle et le fait qu'il est strictement défendu de te bousculer ou de te faire bouger (relation de dominance). C'est toi qui entre dans sa bulle, c'est toi qui décide de le grattouiller et c'est toi qui décide quand la séance est terminée.

Ensuite, dans les techniques possibles, il y a l'approche-retrait; celle qui est de rendre désagréable le comportement que nous ne souhaitons pas et agréable le comportement que nous voulons, ou bien celle qui consiste à établir une relation de confiance maître à élève, dans le respect de la nature et du mode de communication des chevaux. Cette dernière consiste à se poser comme leader, en personne de confiance, celle qui sait, et cela s'obtient en gérant les déplacements du cheval, sans jamais le mettre dans une situation où il se sentirait en danger.

Dans le troupeau, le cheval reconnaît la supériorité de la jument alpha. Il la laisse manger et boire avant lui, mais il sait aussi qu'elle a pour mission de mener son troupeau aux meilleurs herbages, aux meilleurs points d'eau, sur les chemins les plus sûrs. C'est donc un respect naturel et réconfortant. La matriarche s'assure que tout le monde suive les règles, avec consistance. Les règles ne changent pas au gré de son humeur, elles sont claires, donc le cheval les comprend et les suit de bon gré. Ces règles et habitudes sont sources de confort et de sécurité. En agissant comme le ferait la matriarche, notre cheval n'en sera que plus à l'aise et ravi de nous suivre.

Donc, rentre dans le pré, à portée de voix et de vue de ton cheval, mais sans avoir l'intention de l'attraper - du moins pas tout de suite ! - il faut qu'il soit calme et se sente à l'aise de te voir à cette distance. S'il ne l'est pas, prends du recul, trouve la limite de sa zone de confort. S'il fuit, attends qu'il s'arrête, puis approche un peu, arrête, approche un peu, arrête... jusqu'à ce que tu sois à une distance qui te permette de bien le voir et que tu puisses lui parler sans hausser le ton. Tu auras utilisé la technique de l'approche-retrait.

Commence par l'appeler par son nom. S'il lève la tête et te regarde, très bien, félicite-le. S'il t'ignore, augmente la pression de ta demande, tape dans tes mains, sur tes cuisses, saute en l'air... bref, n'importe quoi pour attirer son attention. Dès qu'il te regarde, arrête de gigoter et félicite-le. Demande-lui de garder son attention sur toi (dès qu'il pense à détourner les yeux, les oreilles, rappelle-le). Une fois que tu as bien son attention, deux alternatives s'offrent à toi : soit tu peux l'appeler pour qu'il vienne à toi (la carotte n'est pas interdite!), tu lui fais un câlin et tu t'en va; soit tu peux simplement faire demi-tour, l'ignorer et sortir de son pré. De cette façon, c'est toi qui le quitte et non pas lui qui t'ignore. Bref, tu prends le contrôle de la situation. Tu reviendras une autre fois, plus tard ou un autre jour, pour la suite de la leçon.

Si tu as décidé de l'appeler, il faut qu'il vienne. De nouveau, s'il détourne son attention de toi, arrange-toi pour qu'il revienne sur toi, en augmentant l'intensité de l'appel peu à peu si nécessaire. S'il te regarde, mais ne bouge pas, approche-toi de lui, d'un pas normal, zen mais décidé. Au moindre mouvement de recul, arrête-toi, fais un pas en arrière. Il faut que tu aies son attention et qu'il soit en zone de confort. Il doit aussi avoir toute ton attention. S'il se détourne et fuit (même au pas, s'il s'éloigne, il te fuit), chasse-le, demande-lui de bouger, dirige-le dans une direction puis une autre. Tout cela peut se faire au pas, l'important est que tu prennes le contrôle de son mouvement et non pas de l'effrayer. Rappelle-toi que chez les chevaux, celui qui fait bouger l'autre domine et gère...

Après l'avoir ainsi promené à distance, arrête-toi et appelle-le. S'il s'arrête et te regarde, parfait ! Félicite-le. Marche vers lui tranquillement, sans intention de le faire bouger. Vise son épaule. Sil te fuit, recommence à le faire bouger et à le diriger d'un côté, puis de l'autre. Ignore les autres chevaux qui peuvent être dans le pré, mets toute ton attention sur ton cheval et uniquement sur lui. Il va éventuellement se cacher derrière un copain, ignore le copain et continue la pression afin qu'il se déplace. Idéalement, l'empêcher de rejoindre ses copains en se mettant entre lui et eux est une excellente alternative.

Arrête-toi, laisse-le s'arrêter. Pousse un gros soupir, soit très calme, puis avance vers son épaule. S'il se laisse toucher, fais-lui de grosses grattouilles sur l'encolure, dis-lui qu'il est beau et gentil, repousse un gros soupir (il devrait en pousser un lui aussi, sinon attends qu'il soit complètement détendu), puis quitte-le.

S'il ne s'est pas laisser toucher, tu recommences tout le manège... Soit toujours en contrôle de son mouvement. N'hésite pas à le faire changer de direction souvent. L'important est de le faire bouger et de contrôler sa direction. Reste à distance sécuritaire, toujours.

Et oui, tout ça pour ça. C'est ce que tu te dis, mais c'est aussi ce qu'il va se dire. Pourquoi déployer tant d'énergie pour échapper à un moment somme toutes agréable ? Et, surtout, tu établies une relation de leadership. En ta présence (agréable), c'est toi qui gère et il faut qu'il vienne se mettre sous ta direction attentive et amicale, bien que non-négociable.

La première fois que tu vas pratiquer cet exercice, il se peut que tu y passes un peu de temps. Mais si tu es consistante dans tes demandes et ta façon de faire, tu verras que si, au moindre signe de fuite de sa part, tu lui demandes de bouger, il se retournera bien vite vers toi et t'attendra, rassuré sur ton leadership et ton amitié. Offre-lui des moments agréables. En longe, amène-le brouter des herbes bien dodues et délicieuses. Il sera bientôt ravi de te voir arriver avec le licol et la longe. Et si tu le montes, prends le temps de lui offrir un moment délicieusement agréable en ta compagnie, avant de le remettre au pré. Que le pré ne soit pas la délivrance après un travail ardu.

Que faire si ton cheval n'apprécie pas que tu le fasses bouger, qu'il te menace ou t'envoie un coup de cul de mécontentement ? : Il est tout à fait possible que ton cheval résiste et veuille te confronter, surtout s'il remet en question la place que tu occupes dans sa hiérarchie personnelle. Dans ce cas, ta réponse doit être immédiate et violente (en tout cas dans tes émotions). Il faut que tu le charges, les oreilles dans le crin et les dents en avant, en fouaillant de la queue !!! Ah oui, c'est vrai, tu n'as pas les attributs de la jument dominante... alors fais comme si! Mets toi très en colère et chasse le avec violence (reste à distance sécuritaire, mais si tu  as une longe en main, tu peux la lui lancer sur les fesses). Il faut que tu aies la volonté de le tuer ou, du moins, il faut qu'il t'en croit capable. Dès qu'il montre le moindre signe de «Oups, j'ai fait une bêtise...», arrête-toi, respire un bon coup, redeviens complètement calme et rassure-le : «Tu es un bon cheval, je t'aime et je t'assure de mon amitié, mais ce que tu viens de faire est totalement inadmissible et mortel !»

C'est très difficile à faire et totalement épuisant émotionnellement. Mais c'est indispensable. Un cheval, ça peut être 500 kg d'amour, de gentillesse et d'affection, mais c'est aussi 500 kg dont une bonne part de muscles, qui peut nous tuer d'un coup de pied ou d'un coup de dent. Jamais un cheval se permettrait une incivilité envers un cheval qu'il respecte. Il doit comprendre que la même règle s'applique envers toi (et tous les humains de préférence, même si certains ne font rien pour se faire aimer et respecter).

Bien des gens ont du mal à comprendre ce concept et beaucoup ont peur que le cheval ne les aime plus... L'exemple que je donne à chaque fois est celui d'un parent : le parent aime inconditionnellement ses enfants, mais il établit des règles et gronde- plus ou moins fort selon la gravité de la bêtise - si nécessaire. Est-ce que ses enfants l'en aime moins pour autant ? Certainement pas. Plus le cadre est clair, les règles établies et appliquées sans élasticité, plus il est confortable de s'ébattre à l'intérieur de ce cadre. On sait que l'on peut compter sur nos parents pour nous protéger et nous montrer le bon chemin, même s'il nous arrive de tester leur autorité. Le même principe s'applique pour les chevaux, qui se sentent en sécurité et confortables dans un cadre précis et dans la routine. Il ne faut pas confondre dominance et domination. Dans le premier, on parle d'autorité naturelle et de leadership, d'application de règles équitables et faciles à comprendre. Dans le deuxième cas, il s'agit purement de violence et d'égocentrisme.

Je suis certaine que cela va bien se passer et que tu vas vite retrouver la complicité et l'amitié avec ton cheval, sans avoir à faire trop d'efforts. Le respect et l'attention s'appliquent dans les deux sens, du cheval à l'humain et, c'est essentiel, de l'humain au cheval. L'un ne va pas sans l'autre.
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14 juillet 2012

Le Join-Up déboulonné (de son piédestal)

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J'ai reçu aujourd'hui le texte joint ci-dessous... qui confirme ce que je dis depuis des années  : le travail en rond de longe (round-pen) est très utile, mais encore faut-il savoir l'utiliser...
Monty Roberts est un excellent homme de cheval. Il les connaît et les côtoie depuis toujours, ses clinics sont stimulantes et fort instructives, mais l'expérience et l'intuition ne peuvent s'acheter dans un livre ou un dvd.
Les débutants sont toujours très impressionnés par les résultats spectaculaires des techniques de join-up et ils se lancent à l'aventure - exaltés par ce qu'ils ont vus en vidéo ou lu dans un bouquin - sans avoir appris à lire et comprendre le cheval afin de décoder rapidement le moindre signe de "fuite" (qui commence entre les deux oreilles par l'idée de fuite) et de ne pas mettre de pression inutile. Le but n'est pas de faire fuir le cheval, mais de lui demander de se déplacer et de prendre le contrôle de son mouvement, même à distance. Chaque cheval est différent, certains bougent au regard, d'autres ont besoin de plus "d'explications". Les seules chevaux qui viennent avec un mode d'emploi applicable à tous sont les chevaux-vapeurs !
:o)

Bonne journée !

Isabelle

Remote control horsing.

Cath Henshall has been researching the use of remote control cars when training horses.

SCIENTISTS have challenged the theory behind a popular technique which has been used to train thousands of horses around the world, including those of the Queen.

The Join Up technique, developed by the famed American trainer Monty Roberts, author of The Man Who Listens to Horses, is said to rely on a special non- verbal horse language to alter the animals' behaviour.

But a study led by the equine scientist Cath Henshall, in which people were replaced by remote control cars, suggests the Join Up method works by scaring the animals into submission.

The Join Up technique starts with a trainer chasing an untrained horse around a round pen. As the trainer reduces the intensity of the chasing, the horse approaches and the trainer pats the horse and walks away.

Ms Henshall, who is completing a master's degree in animal science from the University of Sydney, said the approach is considered humane because no physical pressure is applied to the animal and the horse chooses its trainer.

"Two main features of the method are that it depends on the human trainer being able to communicate with the horse using 'horse' body language, and that it is a humane form of training. Our study casts doubt on both those claims," she said.

But Mr Roberts dismissed the findings of the study as an ''absolute joke'', saying the research was an attempt to discredit him.

Ms Henshall and her collaborators used remote control cars to chase 23 horses around a pen.

''The purpose was to see whether we could use a non-human stimulus to get the same kinds of responses that a human can,'' Ms Henshall said.

They found the remote control car could elicit a very similar response in the horse - not running away from the car, and eventually approaching the toy - as Mr Roberts's method.

The results confirmed that the Join Up technique worked because removing something the creature found aversive was rewarding, a behaviour principle known as negative reinforcement, she said.

''The animal doesn't like being chased, it doesn't like being frightened so it learns very quickly how to stop being chased by coming towards the thing that frightens it,'' Ms Henshall said. She will present her findings at the International Society for Equitation Science conference in Edinburgh next week.

Ms Henshall questioned how humane it was to deliberately scare a horse.

Mr Roberts said his Join Up method used both positive and negative reinforcement, and negative reinforcement could be a ''good thing''.

''How do you get a horse to move off your leg? You lay your leg against the horse with pressure and then when the horse steps away you remove the pressure - that's negative reinforcement,'' said Mr Roberts, who advocates non-violence and does not use implements such as whips to control his horses.

He also rejected the study's notion that his methods were inhumane. ''Everybody that ever works with a horse stresses a horse. You will stress a horse when you bring him out of a m eadow,'' said Mr Roberts, who will visit Australia next month.

They have to go through a certain amount of stress in order to accept they are going to live with humans, he said.

Read more: http://www.smh.com.au/environment/animals/science-takes-on-the-man-who-listens-to-horses-20120713-2219x.html#ixzz20bBDhZeL


27 janvier 2010

Chris Irwin

Un petit courrier pour partager mon admiration pour l'éducateur Chris Irwin.

Je m'étais déjà régalée de ses livres Dancing With Your Dark Horse et Horses Don't Lie, qui sont des lectures accessibles ouvrant la porte à des réflexions plus poussées. Je les avais commandés pour mon anniversaire, il y a déjà deux ans.

Pour Noël, j'ai eu la chance de mettre la main sur des versions usagées de ses deux meilleurs dvds : The Horse In-Hand et Riding The Wave : F A B U L E U X ! Comment ai-je pu attendre si longtemps avant des les commander ? Ce sont les meilleurs dvds de formation que j'ai eu l'occasion de visionner (et j'en ai vus pas mal et en possède tout autant). Cet homme a le don d'expliquer et de faire comprendre le B.A.BA de l'équitation et du cheval au travail. Les explications sont claires, imagées, évidentes. Évidemment, il est ici question d'approche «équi-logique» (mot de mon propre dictionnaire, que je préfère à éthologique qui, pour moi, à une consonance plutôt relative à l'observation du cheval en liberté), comme toutes les approches qui attirent mon attention.

Je vous assure que je ne reçois aucun cachet pour faire ainsi la promotion de ces dvds et Mr Irwin n'a aucune idée de mon existence (en attendant que je puisse aller à un de ses stages avec Passion ou un autre de mes amis équidés !)

On trouve régulièrement ces livres et dvds sur internet, en usagé et à meilleur prix... bonne chasse aux aubaines, vous ne le regretterez pas !


J'adore trouver dans notre boîtes-aux-lettres les cadeaux que je me suis commandés...
surtout lorsqu' ils arrivent en surprise parce que j'avais complètement oublié cet achat compulsif !

12 mars 2009

Je ne suis pas un cheval

Je ne suis pas un cheval.
Je ne suis pas un cheval et mes chevaux n'ont aucun doute à ce propos.
Sauf parfois les très jeunes poulains pour qui je suis un des premiers êtres qu'ils rencontrent, dès leur naissance. Et je vous assure que la confusion ne dure pas.

En effet, je m'intéresse énormément à l'éthologie et à l'approche dite éthologique du travail des chevaux. Et ce, non parce que cette approche est à la mode, mais parce que : qui côtoie quotidiennement des chevaux et particulièrement les chevaux qui ont la chance de vivre en troupeau; qui s'autorise à passer des heures à les observer, sans montre et sans idées préconçues; cette personne ne peut qu'apprendre, grandir... et constater qu'elle n'est pas un cheval.

Les chevaux sont des animaux grégaires, qui ont un mode de communication élaboré et de fascinantes relations équines à la hiérarchie explosée. Si vous aimez les chevaux, que vous avez la chance d'en côtoyer, je vous invite à lire Éthologie, l'équitation naturelle et ludique, de Danièle Gossin (Éditions Vigot), un petit livre de moins de cent pages, mais qui vaut son pesant d'or. Mme Gossin est une authentique éthologue, dans le sens que c'est un chercheur qui a fait son doctorat en éthologie sur les chevaux; l'éthologie étant la science qui étudie le comportement. La paternité de l'éthologie revient à Konrad Lorenz, dont les ouvrages grand-public sont non seulement très intéressants, mais souvent drôles.


À ne pas confondre avec l'éthologie, l'équitation éthologique, les chuchoteurs et autres méthodes douces sont à la mode. Et c'est tant mieux pour les chevaux, car ils vivent leur lot de vicissitudes, de brutalités et d'incompréhension depuis qu'ils sont la plus noble conquête de l'Homme (sic). Dans ces approches nouvelles, - mais qui ne sont finalement que le produit du bons sens, du coeur et de l'observation, assez fidèle à ce que prônait Xénophon dans son Traité sur l'équitation, publié près de 400 ans avant J.-C ! -, ces nouveaux maîtres préconisent de se faire reconnaître comme l'élément alpha du troupeau, le cheval dominant, bla bla bla, afin que le cheval nous respecte et nous obéisse "naturellement". Pour se faire, ces maîtres nous disent que nous devons agir comme le ferait le cheval dominant.

Je ne suis pas d'accord. Je pense qu'il faut agir comme un leader passif, le genre d'individu que les membres d'un troupeau décident de suivre et de fréquenter. Un leader que l'on respecte non par crainte, mais par respect. La différence entre la dominance et la domination. Et je ne suis pas un cheval.



Non. Je ne suis pas un cheval et mes chevaux le savent très bien ! Et je ne pense pas qu'ils s'attendent à ce que j'agisse comme un cheval. Je suis un humain, plein de bonne volonté, qui désire communiquer avec ses chevaux. Je veux que mes chevaux soient polis et bien élevés. Je veux qu'ils soient gentils avec les humains en général. J'ose espérer que je parviens à établir de solides liens d'amitié avec eux, liens qui, tacitement, impliquent respect, partage et compréhension mutuelle.

Et je crois que mes chevaux désirent communiquer avec moi. Parce que je leur offre cette possibilité. Parce que je les écoute. Parce que j'admets me tromper. Par ce que j'accepte de me fier à mes perceptions et de mettre en veilleuse toute l'accumulation des "c'est comme ça que cela se fait", "c'est comme ça que ça marche", "mon père faisait comme ça et mon grand-père aussi", "moi, je connais ça, les chevaux !" sous lesquels le monde des chevaux croule (et s'écroule). Je ne pense pas savoir. Je ne pense pas détenir la vérité. Simplement, je vis avec des chevaux au quotidien. Des chevaux curieux, intelligents, joueurs, parfois polissons, mais toujours absolument attentifs et allumés. D'excellents professeurs.

Nombreux sont les chevaux qui s'éteignent au contact des humains. Ils se lassent à tenter de les comprendre et finissent généralement par obéir par automatisme, par lassitude, sous la coercition, sans amitié et sans partenariat. Peu se révoltent. Ceux là sont classés dangereux, têtus, mauvais.

J'estime que les chevaux n'ont pas choisi de venir vivre avec les humains. De les servir. Je ne pense pas que cela soit à eux de s'adapter à nous, mais que c'est un travail réciproque. Nous devons les aider à faire de mauvaise fortune, bon cœur; et nous avons le devoir de profiter de notre bonne fortune pour faire preuve de bon cœur.


Je ne suis pas un cheval. Mais je peux me servir de ce que je sais, ce que les chevaux m'apprennent, pour établir un canal de communication fonctionnel. De la même manière que le langage des signes nous permet de communiquer avec des personnes sourdes, nous devons développer un langage pour communiquer avec nos chevaux. Le langage signé n'est pas inné, ni pour la personne sourde ni pour son interlocuteur entendant. Il faut établir les règles, s'entendre sur les significations de chacun des signes, puis les apprendre. Aux débuts balbutiants succèdent rapidement rapidité et fluidité. Plus on apprend à connaître notre interlocuteur, plus nous entendons les subtilités du message, message appuyé par le regard, des mimiques, des réactions.

Mes chevaux savent que je ne suis pas un cheval. Si je tente de me faire passer pour un cheval, ils me verront comme un humain qui essaie de se faire passer pour un cheval. Je présume que certains en seront amusés, d'autres interloqués... Mais dans tous les cas, mon effort sera certainement vain. Il vaut mieux établir des règles de communication qui prennent en compte les attitudes et comportements naturels des chevaux, leurs habilités, leur mode de fonctionnement cognitif. Si je fais des efforts pour comprendre leur point de vue, nous devrions réussir à établir un pont entre nos deux cultures. Un nouveau langage que chacun de nous pourra utiliser.


Mark Rashid est un de ces éducateurs "doux" - et ce, même si c'est un cow-boy !* Il est aussi, probablement, l'un des plus humbles (dans son attitude) et certainement l'un de ceux pour qui j'ai le plus de respect. Son mot d'ordre est de travailler avec les chevaux, non contre eux. Dans une entrevue - que je traduis ici librement -, Mark Rashid faisait remarquer qu'il y a 15 ans de cela, nous n'entendions jamais d'un cheval qu'il était irrespectueux (un terme très à la mode aujourd'hui nda). Un cheval peu être confus, inquiet, sur la défensive ou faire simplement ce qu'il a appris. Mark n'a jamais vu un cheval qui sait ce qu'il doit faire et qui ne le fait pas intentionnellement. Il nous faut donc être attentif à ce que nous enseignons, aux gestes que nos posons comme à ceux que nous ne faisons pas, au message que nous envoyons.

Le but du jeu étant la communication et le plaisir, entre un humain et un cheval.

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Merci à mon amie Pascale Simard pour les photos ! ***
Oui, c'est moi sur les photos... avec Passion, Moonlight Lady, Alya, puis Pritcha, Luna et encore Moonlight Lady... Curieux, va !

*Je me mets une note pour penser à faire une chronique sur le mythe du cow-boy, et de l'équitation western, mythe particulièrement entretenu par les Européens romantiques...

9 février 2009

Arrêter pour mieux avancer


Chaque jour nous apporte son lot de découvertes et d'émotions. L'inverse ne serait pas vivre.

Parfois, pour avancer, il nous faut un guide. Guide de quelques heures, quelques jours ou toute une vie. Et souvent, il nous faut un interprète pour comprendre notre guide; surtout lorsque nous avançons en terra incognita, conscient ou pas.

Les chevaux sont d'extraordinaires guides ! Pour peu que nous les laissions s'exprimer, que nous les écoutions et que nous fassions l'effort de comprendre, ils transforment notre vie, bousculent nos idées reçues, rendent visible l'invisible. On ne voit bien qu'avec son coeur, ... au-delà des mots, cette célèbre phrase de Saint-Exupéry prend soudainement tout son sens.

Des idées reçues, des traditions, des règles, des «c'est comme ça qu'on fait», de l'arrogance, de l'égoïsme... que de carcans pour nos pauvres chevaux ! Monuments à l'égocentrisme humain, nos chevaux ont bon dos.

Pourtant, ils ont tant à nous apprendre ! Sur la politesse, le respect de l'autre et de son espace, sur l'amitié, la solidarité, le courage, le don de soi, la résistance aux agression, le stoïcisme, les valeurs familiale, la rébellion, l'empathie, la communication, le deuil, le sens des responsabilités, sur l'Amour... Qui n'a pas passé des heures à regarder, ressentir, communier avec un troupeau de chevaux, ne peut pas comprendre. Être cavalier de son cheval devrait être de la dernière importance dans notre relation avec lui.

Parfois, pour avancer, il nous faut un guide. Guide de quelques heures, quelques jours ou toute une vie. Et souvent, il nous faut un interprète pour comprendre notre guide. Et parfois ce guide nous demande de rester immobile. C'est l'interprète Dan Sumerel qui nous le dit.

Cela fait des mois qu'une amie m'avait prêté les vidéos Less is more... de Dan Sumerel. Encore un «nouveau maître» me direz-vous. Non, il n'y a pas de nouveaux maîtres, rien de neuf n'a été inventé. Par contre, il y a une renaissance de l'intelligence mise au service de la relation humain/cheval. Certains, par des prodiges de marketing, en font un commerce très lucratif et perdent leur âme - et la raison originelle de leur démarche-, mais d'autres mettent le fruit de leur travail au service des autres, ce qui me semble être le cas de Dan Sumerel.

Cette fin de semaine, André et moi, nous avons enfin pris le temps de visionner ces vidéos. Ils nous ont permis de voir à quel point nous étions déjà avancés sur le chemin de la communication avec les chevaux et aussi combien il nous restait de route à parcourir. Nos guides travaillent fort pour nous mener, mais l'interprète Dan Sumerel nous a permis de comprendre une subtilité qui nous avait échappée : l'immobilisme est la meilleure récompense que nous puissions offrir à notre cheval. Testé et approuvé par Jolie, une de nos meilleure guide !

À suivre...