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2 avril 2013

Joies et peines

Et non, ce n'est pas un poisson d'avril, me voici bien de retour !

Ces dernières semaines ont été bien occupées, avec des joies et des peines.

La joie d'avoir emmené la belle Chazaam à ses nouveaux parents; non pas que nous soyons heureux de la voir partir, mais elle est si bien assortie à sa nouvelle famille où elle reçoit toute l'attention qu'elle mérite, que nous ne pouvons que nous réjouir.

La joie d'avoir retrouvé la belle Azarah, de retour "à la maison", fille d'Adélita et Passion qui nous avait quitté alors qu'elle était encore toute bébé, en 2006.

La joie aussi d'apprendre que, ce matin, Rosie a eu son bébé. Un poulain qui s'est fait désirer et nous attendons les premières photos, en direct des Curlies de Chantemerle (Rosie est l'une des juments que j'ai accompagnées en France à Noël).

La joie de voir revenir les oiseaux migrateurs, partir la neige, allonger les jours...

Et les peines... Sally et Chouiya sont toutes deux parties rejoindre Chaïma au paradis des gentils chevaux. À quelques jours d'intervalle, dans deux familles différentes dont nous partageons la tristesse.

Sally est la maman d'Hélios et je la retrouve tous les jours dans la douceur de ses yeux et sa gentillesse. Sally au flegme et à la douceur légendaires (souvenez-vous de: http://ca-frise-la-passion.blogspot.ca/2010/11/yoda.html)

Chouiya est la maman de Pitchoune qui est son portrait craché, mis à part la couleur. Même côté coquin et attachant. Même bouille adorable, même personnalité de ponette. Chouiya qui a "mis en selle" mon tout petit neveu et bien d'autres enfants: http://ca-frise-la-passion.blogspot.ca/2009/11/recette-de-sourires-dautomne.html

Alors, voilà, je ne prends aucun engagement, mais je vais tenter de vous revenir régulièrement, deux ou trois fois par semaine. Mon blog me manque, alors... au boulot !

Bon printemps !

17 novembre 2009

Recette de sourires d'automne

Ingrédients de base : un bébé et un poney.
Donne un minimum de 7 portions de sourires.

Comment faire suivre un samedi aux pluies diluviennes par un dimanche ensoleillé et heureux ?

La recette est simple. Il faut d'abord convoquer l'astre solaire, puis invoquer Éole afin qu'il apaise son souffle. Ensuite, accueillir de bons amis et sa soeur préférée.

Laisser macérer une bonne demi-heure autour d'une table bien garnie.

Entre la salade et le fromage, intégrer la visite impromptue d'un neveu de 11 mois, de sa maman et de sa grand-mamili.

Touiller quelques minutes, le temps que chacun, neveu y compris, assimile un bout de gâteau.

Emmener tous les convives à l'extérieur et présenter une ponette blonde et gentille.

C'est là que l'élaboration de la recette se raffine. Je la mets donc en images, étape par étape, afin d'illustrer la manière, car c'est un fait admis, une image vaut mille sourires !



D'abord présenter la ponette (ici, Chouiya) au bébé
et le bébé (ici, Enzo) à la ponette.



Quand les présentations sont faites, assoir le bébé sur le dos de la
ponette et les laisser s'évaluer mutuellement. Un regard échangé
par dessus l'épaule de la ponette peut suffire.




Vérifier que le bébé est assis bien droit, au bon endroit.
Sortir un bout de langue pour mieux se concentrer peut s'avérer judicieux !
(cliquer sur la photo si ce détail vous a échappé)
Notez aussi l'apparition des premiers sourires !



Prévoir au-moins trois personnes pour bien réaliser l'opération...




... s'assurer que tout est en place. La recette évolue bien si
le bébé sourit de toutes ses 3 dents et demies.




La chimie se met alors en oeuvre et les sourires s'étendent d'un visage à l'autre...





Prévoir minimum de 3 spectateurs et 2 chiens pour une recette parfaite !


Bon appétit !


Photos prises au Domaine du Ranch Namaspamoos
le 15 novembre 2009, grâce à l'inestimable collaboration
de Chouiya et Enzo, sous le regard attendri de Mamili,
et autres coeurs heureux.

15 mai 2009

Par la fenêtre...

Vu par la fenêtre du salon, par un bel après-midi de mai :


Chouiya et Pitchoune étalées sur le gazon neuf du printemps, en pleine sieste !

Les ponettes ont repris leur emploi de tondeuses écologiques, idéales pour tailler les bordures et nettoyer les coins.

Délice de ces dames, il n'y a plus un pissenlit sur le gazon, derrière la maison. La partie avant étant interdite de poneys, les glorieuses fleurs jaunes espèrent un répit qui ne viendra que si mon envie de salade se calme...

Que c'est bon, le printemps !


26 février 2009

Chronique météorologiquement olfactive

Si je ne me trompe pas, février est le mois où, statistiquement, il neige le plus... de pair avec décembre, janvier et mars.

Je confirme.

Il neige et vente. Et la météo a des soubresauts auxquels un épileptique attribuerait probablement une note de 9.58 - avec tout le respect et la compassion que j'ai pour les personnes atteintes de cette terrible maladie.

Il faisait -2°C avec neige et vents forts, ce matin, 6°C dans l'après-midi. Samedi, si nos bons météorologues maintiennent leurs prévisions, on dégringole à -17°C...
Soyons honnêtes : il y avait hier un soleil magnifique, un ciel bleu infini et vide de nuages, pas de vent. Ça aussi, c'est notre hiver.

Ne croyez pas que je me plaigne ! J'aime mon pays, j'aime ses saisons aux mille visages. J'aime quand la nature s'exprime. J'aime le vent, j'aime la pluie, j'aime la neige, j'aime le ciel bleu, les nuages de beau temps comme ceux d'orage... Mais j'aime surtout leurs odeurs.



En fait, j'ai hâte de humer le parfum de la prochaine saison. La mémoire des odeurs est celle qui perdure le plus longtemps. Dès la naissance, le nourrisson est guidé par son nez : sa maman, le sein... il étiquette son environnement d'abord par son odorat. La mémoire olfactive est celle qui demeure quand on atteint un âge vénérable. Par les odeurs affluent souvenirs, images, sensations... Nous mangeons nos confitures, en souvenir de leur parfum.*

Et les saisons possèdent un bouquet qui leur est propre, reconnaissable entre toutes, qui nous tombe dessus, un beau matin, sans crier gare ! Et mon cœur en est tout bouleversé.



Ces arômes m'émeuvent autant que l'odeur exhalée par le sommet du crane d'un nouveau né, que celle d'un chiot; que les effluves enivrantes des premières pivoines et des premiers lilas du printemps.

L'odeur de la terre qui se découvre de son blanc manteau hivernal se place également assez haut dans ma liste des flagrances réconfortantes. Avec celle des feuilles mortes de l'automne. D'une grange débordante de foin. Des chevaux. Du thé chaï. De la vanille. Des livres neufs.
Couronnées par le parfum de la nuque de mon mari.


*Les Confitures par Georges Duhamel

«Le jour que nous reçûmes la visite de l'économiste, nous faisions justement nos confitures de cassis, de groseille et de framboise.

L'économiste, aussitôt, commença de m'expliquer avec toutes sortes de mots, de chiffres et de formules, que nous avions le plus grand tort de faire nos confitures nous-mêmes, que c'était une coutume du moyen âge, que, vu le prix du sucre, du feu, des pots et surtout de notre temps, nous avions tout avantage à manger les bonnes conserves qui nous viennent des usines, que la question semblait tranchée, que, bientôt, personne au monde ne commettrait plus jamais pareille faute économique.
- Attendez, monsieur ! m'écriai-je. Le marchand me vendra-t-il ce que je tiens pour le meilleur et le principal ?
- Quoi donc ? Fit l'économiste.
- Mais l'odeur, monsieur, l'odeur! Respirez : la maison toute entière est embaumée. Comme le monde serait triste sans l'odeur des confitures !
L'économiste, à ces mots, ouvrit des yeux d'herbivore. Je commençais de m'enflammer.
- Ici, monsieur, lui dis-je, nous faisons nos confitures uniquement pour le parfum. Le reste n'a pas d'importance. Quand les confitures sont faites, eh bien! Monsieur, nous les jetons.
J'ai dit cela dans un grand mouvement lyrique et pour éblouir le savant. Ce n'est pas tout à fait vrai. Nous mangeons nos confitures, en souvenir de leur parfum.»


GEORGES DUHAMEL, Fables de mon Jardin (Mercure de France, Paris, 1936)