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18 mars 2015

«Si, par hasard...

... sur l'pont des Arts
Tu crois's le vent, le vent fripon,
Prudence prend garde à ton jupon!

Si, par hasard,
Sur l'pont des Arts,
Tu crois's le vent, le vent maraud,
Prudent prends garde à ton chapeau!»
Georges Brassens. Le Vent (refrain)



À Namaspamoos, pour savoir d'où vient le vent, il suffit de regarder les oreilles de Frimoos!

27 décembre 2014

Comptine du jardin



J'ai vu, dans le jardin, un joli cardinal rouge et...
un geai bleu qui guigne la mangeoire !



J'ai vu, dans le jardin, un joli cardinal rouge, un moineau et...
un geai bleu à la mangeoire!



J'ai vu, dans le jardin, un joli cardinal rouge, deux moineaux et...
un geai bleu qui se cache !



J'ai vu, dans le jardin, un joli cardinal rouge, trois moineaux et...
un geai bleu sur un arbre !



J'ai vu, dans le jardin, un joli cardinal rouge, quatre moineaux et...
un geai bleu à la mangeoire !



J'ai vu, dans le jardin, un joli cardinal rouge, cinq moineaux et...
un geai bleu à la mangeoire !



J'ai vu, dans le jardin, un joli cardinal rouge, huit moineaux et...
un geai bleu à la mangeoire !



J'ai vu, dans le jardin, un joli cardinal rouge, quatorze moineaux qui s'envolent et...
un geai bleu qui n'est plus à la mangeoire !



Pour faire le portrait d'un oiseau
À Elsa Henriquez

Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

Jacques PRÉVERT, Paroles, 1945 ©1972 Editions Gallimard

Pour l'entendre récité par Annie Girardot :
https://www.youtube.com/watch?v=34Q417QmUx4

Par Marlène Jobert :
https://www.youtube.com/watch?v=9W2XmXlckv4

Par Serge Reggiani:
http://wheatoncollege.edu/vive-voix/poemes/pour-faire-le-portrait-dun-oiseau/


2 décembre 2014

«Les oiseaux de passage»

Depuis des semaines et deux fois par an, dans nos cieux....


«(...)Ô les gens bien heureux
Tout à coup dans l'espace 
Si haut qu'ils semblent aller 
Lentement en grand vol

En forme de triangle 
Arrivent planent, et passent 
Où vont ils? ... qui sont-ils ? 
Comme ils sont loin du sol 

Regardez les passer, eux 
Ce sont les sauvages 
Ils vont où leur désir 
Le veut par dessus monts 

Et bois, et mers, et vents 
Et loin des esclavages 
L'air qu'ils boivent
Ferait éclater vos poumons(...)»
 Extrait du poème de Jean Richepin,
mis en musique par Georges Brassens.


25 septembre 2013

L'heure exquise...

«La lune blanche
Luit dans les bois;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée...


Ô bien aimée.




L'étang reflète
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure...






Rêvons, c'est l'heure.
Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l'astre irise...

C'est l'heure exquise.
»
  
La Lune Blanche - Paul Verlaine


Il y a une semaine, au petit matin, coucher de lune sur les chevaux de Namaspamoos.

Ne sachant pas laquelle de ces trois photos je préfère, je vous les ai toutes mises, à vous de choisir !

Mais j'ai peut-être un faible pour la deuxième où tous semblent poser.

4 octobre 2010

Rêve de «Rillettes»

Post-scriptum inspiré par toutes ces images de sieste que je vous ai assènées...





Voici une image récente, datant de juillet. Nos «Rillettes» qui ont bien changé depuis que je les présentais, début mai, sur ce blog !

De six, elles sont passées à trois. Nous avions deux mâles et quatre femelles. Deux femelles ont été emportées, la semaine dernière, probablement par un grand-duc (il y a là un jeu de mots à faire : un grand-duc qui se laisse tenter par des "ducks" bien tendres ?)

Et le plus gros des deux mâles, qui était aussi le plus bête, poursuit le cercle de la vie en nous permettant un bon repas... (âmes sensibles sécher vos larmes ! Ce canard aura vécu une vie bien plus heureuse et moins stressante que la plupart de ses congénères, et il n'aura pas vu sa fin venir...)

Pour en terminer avec la sieste et la volaille, je vous invite à écouter lune chanson qui m'émeut toujours : le texte de Jean Richepin, mis en musique par Georges Brassens, Les oiseaux de passage : http://www.youtube.com/watch?v=wRdXZRZ5lkE

  • Ô vie heureuse des bourgeois
    Qu'avril bourgeonne
    Ou que décembre gèle,
    Ils sont fiers et contents

    Ce pigeon est aimé,

    Trois jours par sa pigeonne
    Ça lui suffit il sait
    Que l'amour n'a qu'un temps

    Ce dindon a toujours

    Béni sa destinée
    Et quand vient le moment
    De mourir il faut voir

    Cette jeune oie en pleurs

    C'est la que je suis née
    Je meurs pres de ma mère
    Et je fais mon devoir

    Elle a fait son devoir

    C'est a dire que onques
    Elle n'eut de souhait
    Impossible elle n'eut

    Aucun rêve de lune

    Aucun désir de jonque
    L'emportant sans rameurs
    Sur un fleuve inconnu

    Et tous sont ainsi faits

    Vivre la même vie
    Toujours pour ces gens là
    Cela n'est point hideux

    Ce canard n'a qu'un bec

    Et n'eut jamais envie
    Ou de n'en plus avoir
    Ou bien d'en avoir deux

    Ils n'ont aucun besoin

    De baiser sur les lèvres
    Et loin des songes vains
    Loin des soucis cuisants

    Possèdent pour tout coeur

    Un viscère sans fièvre
    Un coucou régulier
    Et garanti dix ans

    Ô les gens bien heureux

    Tout à coup dans l'espace
    Si haut qu'ils semblent aller
    Lentement en grand vol

    En forme de triangle

    Arrivent planent, et passent
    Où vont ils? ... qui sont-ils ?
    Comme ils sont loin du sol

    Regardez les passer, eux

    Ce sont les sauvages
    Ils vont où leur désir
    Le veut par dessus monts

    Et bois, et mers, et vents

    Et loin des esclavages
    L'air qu'ils boivent
    Ferait éclater vos poumons

    Regardez les avant

    D'atteindre sa chimère
    Plus d'un l'aile rompue
    Et du sang plein les yeux

    Mourra. Ces pauvres gens

    Ont aussi femme et mère
    Et savent les aimer
    Aussi bien que vous, mieux

    Pour choyer cette femme

    Et nourrir cette mère
    Ils pouvaient devenir
    Volailles comme vous

    Mais ils sont avant tout

    Des fils de la Chimère
    Des assoiffés d'azur
    Des poètes des fous

    Regardez les vieux coqs

    Jeune Oie édifiante
    Rien de vous ne pourra
    monter aussi haut qu'eux
    (2x)

    Et le peu qui viendra

    d'eux à vous
    C'est leur fiente
    Les bourgeois sont troublés
    De voir passer les gueux

Un très joli texte dont Brassens n'a retenu que 10 des 27 couplets originaux. C'est une réussite, mais vous pouvez aussi lire le texte complet sur :
http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_richepin/les_oiseaux_de_passage.html



Petit clin d'oeil de fin, une photo qui a pas mal voyagée sur internet et que je soupçonne être un photomontage, mais elle clos joliment ma série sur la sieste !






Bonne sieste !


7 février 2009

Soir d'hiver

Journée grise et venteuse, aujourd'hui. Peu propice à de nouvelles photos, mais qui porte à la rêverie et au souvenir... Ce poème de Nelligan est si beau et j'avais justement pris une photo de la fenêtre de la porte de l'écurie, cette semaine...

SOIR D'HIVER

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu'est-ce que le spasme de vivre
Ô la douleur que j'ai, que j'ai!

Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire: Où vis-je? où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés:
Je suis la nouvelle Norvège
D'où les blonds ciels s'en sont allés.

Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu'est-ce que le spasme de vivre
A tout l'ennui que j'ai, que j'ai!...

Émile Nelligan (1879-1941)
Poésies complètes, Fides 1952