12 mai 2013

Intermezzo XIII

Je retrouve Le Petit Prince une fois par an. Parfois, je ne le lis pas, mais je l'écoute, narré par Gérard Philippe. Chaque fois, je souris et je pleure. Chaque fois, j'y trouve quelque chose de nouveau, car la vie nous transforme et nous fait grandir. Les expériences nous font évoluer.

Bizarrement, cette fois-ci, c'est la dédicace qui m'a le plus bouleversée. Peut-être parce que je suis (à mon grand désarrois et certains diront «enfin!») une grande personne.

La voici, cette dédicace, que Saint-Exupéry nomme «Le commencement» :

A LÉON WERTH

Je demande pardon aux enfants d’avoir dédié ce livre à une grande personne. J’ai une excuse sérieuse: cette grande personne est le meilleur ami que j’ai au monde. J’ai une autre excuse: cette grande personne peut tout comprendre, même les livres pour enfants. J’ai une troisième excuse: cette grande personne habite la France où elle a faim et froid. Elle a bien besoin d’être consolée. Si toutes ces excuses ne suffisent pas, je veux bien dédier ce livre à l’enfant qu’a été autrefois cette grande personne. Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants. (Mais peu d’entre elles s’en souviennent.) Je corrige donc ma dédicace:
A LÉON WERTH
QUAND IL ÉTAIT PETIT GARÇON
 

Pour écouter Le Petit Prince :


4 mai 2013

Pour le plaisir...

De voir Hélios dans la neige une fois encore, avant l'hiver prochain !
Avec son copain Chingko, un jour de février...




Et celle-ci où je trouve qu'il retrouve ses airs de poulinoux... et une douceur qui n'est pas feinte.
Hélios est le plus gentil et le plus zen de tous les étalons que je connaisse. Sans rien enlever à ses pairs, chacun cultivant ses qualités.

Bon printemps !

2 mai 2013

Humeur de neige

C'est le printemps, l'herbe verdi à vue d'oeil, les bourgeons ont éclatés et les premières fleurs sont arrivée.

Les oiseaux ont envahis le jardin et même les hirondelles sont de retour, se disputant le meilleur coin pour faire leur nid.

Alors, avant qu'on ne l'oublie totalement, voici quelques images de neige... Des photos que j'ai prises en janvier et que je n'avais pas encore publiées, les événements que l'on connaît m'ayant stoppée pour quelques temps.

Et c'est aussi que, en cherchant des photos d'Hélios, j'ai revu celles de ses jeux avec Taz, l'hiver précédent ( http://ca-frise-la-passion.blogspot.ca/2012/03/helios-taz-jeux-de-grands.html ) sur lesquelles il avait encore tellement des allures de poulains !

Cet hiver, son «étalonité» était bien plus affirmée, comme en témoigne ces images...

On commence par comparer son trot à celui de la concurrence... dans un sens...




 ... puis dans l'autre !






 Ensuite, on va se confronter à Chimo, histoire de bien lui faire comprendre qu'il a de la compétition...




 En bons nigauds que nous sommes, nonobstant la clôture (ou parce qu'il y a une clôture ?) on joue les «gros bras»...




 Une bonne stratégie est de faire semblant d'ignorer la fanfaronnade...





 ... tout en faisant l'andouille soi-même !





 Ensuite on passe aux choses sérieuses : «Moi aussi je sus cap' de faire le zouave !»





«Pfffff... p'tit joueur !»

30 avril 2013

Hélios & Love



Hélios a un printemps bien occupé et il prend ses responsabilités d'étalon très au sérieux. Cinq de ses poulains sont prévus pour l'an prochain, dont trois naîtront en France. Parmi ceux-ci, celui de Love...




Love est née au Vermont, à la St-Valentin, il y a quatre ans... En transit chez nous, elle accompagnera Alya et Soukyna dans leur voyage en Drôme Provençale. Les trois seront pleines de Hélios...




Love est une très jolie jument au caractère bien affirmé. Elle aime beaucoup Hélios qui le lui rend bien. Mais c'est aussi une chipie et elle ne se gêne pas pour lui envoyer des coups de pieds quand elle se sent contrariée; et, parfois, un rien la contrarie... comme en témoigne le gigantesque hématome que j'ai sur la cuisse. Le coup était destiné à Hélios (qui s'était permis de hennir auprès d'une autre), mais j'en ai hérité à la place. Elle a beau faire les beaux yeux et des câlins, je confirme : la sainte-Nitouche est une chipie !





J'ai beaucoup d'admiration pour la patience et le flegme du doux Hélios. De plus, c'est un mari gentil et attentionné... et infidèle, puisqu'il vit en ce moment avec une autre ! En effet, c'est Lady qui profite maintenant de ses faveurs et qui lui tiendra compagnie dorénavant.




Ben oui, c'est ce qui arrive lorsqu'on est une chipie !

Sans rancune, car, il faut bien l'admettre, Love sait aussi se montrer adorable. Il faudra simplement parfaire son éducation, ce qui va demander patience et fermeté, et amour, toujours.

Avril 2013

28 avril 2013

Intermezzo XII

Je reçois de magnifiques témoignages, ces derniers temps. Ils m'émeuvent et me touchent, merci. Ils permettent également d'effacer mes doutes. Il n'y a pas de hasards et si nos chemins se croisent, c'est qu'il était nécessaire qu'ils se rencontrent. Je suis heureuse que nous fassions un bout du chemin ensemble... pourvu qu'il nous mène loin et longtemps !
 
 
 
CHAPITRE XXI
C'est alors qu'apparut le renard:
- Bonjour, dit le renard.
- Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.
- Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
- Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli...
- Je suis un renard, dit le renard.
- Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste...
- Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.
- Ah! pardon, fit le petit prince.
Mais, après réflexion, il ajouta:
- Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?
- Tu n'es pas d'ici, dit le renard, que cherches-tu ?
- Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?
- Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C'est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C'est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?
- Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?
- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie "créer des liens..."
- Créer des liens ?
- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...
- Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur... je crois qu'elle m'a apprivoisé...
- C'est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses...
- Oh! ce n'est pas sur la Terre, dit le petit prince.
Le renard parut très intrigué :
- Sur une autre planète ?
- Oui.
- Il y a des chasseurs, sur cette planète-là ?
- Non.
- Ça, c'est intéressant ! Et des poules ?
- Non.
- Rien n'est parfait, soupira le renard.
Mais le renard revint à son idée:
- Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais, si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé...
Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince:
- S'il te plaît... apprivoise-moi ! dit-il.
- Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
- On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !
- Que faut-il faire? dit le petit prince.
- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...
Le lendemain revint le petit prince.
- Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après-midi, dès trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'habiller le cœur... Il faut des rites.
- Qu'est-ce qu'un rite ? dit le petit prince.
- C'est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux ! Je vais me promener jusqu'à la vigne. Si les chasseurs dansaient n'importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n'aurais point de vacances.
Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche:
- Ah! dit le renard... Je pleurerai.
- C'est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise...
- Bien sûr, dit le renard.
- Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.
- Bien sûr, dit le renard.
- Alors tu n'y gagnes rien !
- J'y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.
Puis il ajouta:
- Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d'un secret.
Le petit prince s'en fut revoir les roses:
- Vous n'êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n'êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisé et vous n'avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n'était qu'un renard semblable à cent mille autres. Mais j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.
Et les roses étaient bien gênées.
- Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu'elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c'est elle que j'ai arrosée. Puisque c'est elle que j'ai mise sous globe. Puisque c'est elle que j'ai abritée par le paravent. Puisque c'est elle dont j'ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c'est elle que j'ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c'est ma rose.
Et il revint vers le renard:
- Adieu, dit-il...
- Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux.
- L'essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
- C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
- C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir.
- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose...
- Je suis responsable de ma rose... répéta le petit prince, afin de se souvenir.

Le Petit Prince, chapitre XXI (Antoine de Saint-Exupéry 1900-1944)