18 décembre 2014

18e jour... «La Dame en bleu»


Un soir d'automne, la Dame en bleu décide d'aller rendre visite aux chevaux...


Elle est accueillie par des regards interrogateurs et une saine curiosité, mais sans émois particuliers.





Pistache, en vraie demoiselle, vient examiner la robe... 





Elle l'analyse des pieds...




...à la taille (hauteur de regard de ponette oblige), admirant chaque détail.




Elle semble bien satisfaite de son examen.





Vient alors le beau ténébreux, celui pour qui la Dame en bleu fit ces efforts de toilette...




...car le but de cette visite courtoise est bien un exercice de désensibilisation.




La Dame en bleu rêvant de faire une photo d'elle sur le dos de Passion; la princesse et son palefroi...





A priori, le palefroi trouve l'idée originale... mais il va prendre le temps d'y penser !





D'autant que la prise de vue devrait se faire dans la neige aussi.
La Dame en bleu ne manque ni de rêves ni d'audace !
(ni n'est frileuse !)




Dernier regard avant de retourner à son devoir... de maths !
(la Dame en bleu est étudiante....)



Merci à Camille, pour ses rêves et les photos !

La sagesse est d'avoir des rêves suffisamment grands
pour ne pas les perdre de vue quand on les poursuit.
Oscar Wilde

17 décembre 2014

17e jour...«La lune et son satellite»

 Dans un univers d'étoiles en forme de flocons de neige, une extraterrestre aux yeux bleus, à la peau rose et à la robe crème : Luna. Une Luna dont le bedon de 145 jours prend forme, peu à peu.




Révolutionnant dans son ombre, lune de Luna : Insy.






Une extraterrestre aux pieds pourtant fermement ancrés au sol, solide et têtue, que l'obstination qu'Insy met à la coller lasse parfois. Mais Insy possède un fin croissant de lune sur le front, elle dit que c'est un signe et que Luna est son idole.

Insy a ainsi l'habitude de se choisir une meilleure amie, que la meilleure amie agrée ou pas.

Insy est un satellite et Luna le centre de son monde.

16 décembre 2014

«Parce que c'était elle...» 16e jour : Nymph


Hier, Nymph est partie, pour de bon cette fois.

Elle ne vivait déjà plus avec nous, mais nous avions régulièrement des nouvelles et son souvenir était partout. Je me réjouissais de la revoir au printemps...

Nymph... De penser à elle me submerge d'émotions. Des souvenirs de courage, de tendresse, de ténacité, de résilience, de nuits blanches, d'intelligence, des joies, des rires, des soulagements, de petits et de grands bonheurs qui, brodés côte-à-côte, tissent la trame d'une petite jument extraordinaire. Pendant dix ans, Nymph a partagé notre vie et elle nous a offert la sienne. Nous étions connectées l'une à l'autre, nous nous connaissions par cœur, par le cœur.


 

Nymph, sereine et attentive. Les enfants qui l'entourent ont entre 15 et 18 ans aujourd'hui. La plupart ont connus leurs premiers émois à cheval grâce à Nymph...


Avec le même groupe de personnes, huit ans plus tard... le troupeau a grandit et changé, les enfants aussi. Et Nymph est toujours là...


J'ai passé une partie de la journée d'hier à fouiller dans mes archives photos. Je m'y suis perdue quelques heures, avec chaque image remontant une foule de souvenirs. Par quel bout commencer? Comment raconter, transmettre ce qui faisait de cette petite jument abricot la joie d'un tas d'humains? Extraordinaire, hors de de l'ordinaire. Je vais me laisser guider par les photos...

 Nymph et André, il y a une douzaine d'années. Je me souviens de la plume de geai bleu que j'avais trouvée qu'il avait piquée dans le son chapeau, de la tendresse de ce bonjour. Deux êtres présents, concentrés; deux amis.

Comme pour chacune de mes images, je me souviens des bruits, des odeurs, de l'atmosphère et des circonstances dans lesquelles elles ont été prises. Pour l'étranger, mes photos sont des illustrations. Pour moi, elles sont l'essence d'un moment.




Nymph toute jeunette (3 ans), déjà un ange avec les enfants qui pouvaient faire toutes les folies imaginables sur et autour d'elle.

Mais ne nous y trompons pas : Nymph était un excellent professeur, elle savait enseigner. Si elle pardonnait les erreurs des débutants, elle se faisait de plus en plus difficile avec le temps. Elle se conduisait à l'assiette (au poids du corps). Si le cavalier lui demandait de tourner sans lui-même tourner la tête dans la direction où il voulait aller, elle ne bronchait pas et continuait tout droit ! Quand le cavalier se plaignait que Nymph ne voulait pas tourner, je lui demandais : «Dans quelle direction veux-tu aller?» automatiquement, le cavalier tournait la tête pour me l'indiquer et, sans coup férir, Nymph tournait aussitôt !


Nymph prenait soin des humains autour d'elle, avec des précautions émouvantes lorsque les personnes étaient fragiles; que cela soit physiquement, psychologiquement ou émotionnellement.


Nymph n'a jamais eu de mors et elle a rarement porté une selle. Son rôle auprès des humains était de prendre soin des enfants, des grands débutants et des personnes qui avaient besoin d'elle. Elle offrait calme, détermination, tendresse et communication. En bonne Curly, elle n'était pas non plus dépourvue de sens de l'humour. Si elle pardonnait les erreurs de bonne foi, elle n'avait aucune tolérance pour l'arrogance et n'hésitait pas à envoyer valser les prétentieux.



Cette photo m'émeut particulièrement, car ce petit garçon si fier de se tenir debout sur le dos de Nymph et un enfant sourd qui adore les animaux. Sa complicité avec Nymph était fabuleuse et il s'est énormément accompli auprès d'elle.


Voici deux des «enfants» qui étaient sur la toute première photo, lors d'une séance improvisée d'équitation...


Et un jeune garçon qui n'avait jamais approché un cheval : d'abord un peu terrorisé lorsque nous lui avons proposé de la caresser, puis de monter; une demi-heure plus tard, la magie Nymph avait fait son effet. Comment avoir peur d'une jument aussi zen et attentive ?



Nymph prenant soin de mon neveu de trois ans... Merci ma belle.


Mais Nymph ne s'intéressait pas qu'aux humains. Elle était passionnée par tout ce qui était bébé, à deux ou quatre pattes. Qu'on lui présente un chiot, un caneton, un poussin, un cabri ou un chaton, elle le reniflait avec excitation, puis se mettait à lui parler comme les juments parlent à leurs poulains. D'ailleurs, les chats ne s'y trompaient pas et l'adoptaient régulièrement comme coussin ambulant :


Pamplemoos, un autre de nos amis à fourrure qui nous a quitté trop tôt...

 Et Yoda, bien sûr !



Raconter Nymph ne peut se faire sans se souvenir du terrible accident qu'elle eut en décembre 2003. Au petit matin, j'allais faire ma tournée et donner leurs suppléments aux futures mamans, la plupart pleines de 6 mois. Contrairement à son habitude, Nymph ne s'est pas approchée, se contentant de m'appeler. Je l'ai trouvée immobile dans l'abri, le postérieur gauche en sang, avec une plaie impressionnante. Le tendon ayant été sectionné, le muscle pointait  vers l'extérieur de la plaie. Sur le coup, je cru qu'elle avait une fracture ouverte et mon cœur manqua une marche.

Évidement, tous les éléments de la fatalité des urgences vétérinaires étaient en place : c'était une fin de semaine et un tempête de neige commençait... Le vétérinaire qui vint était une malédiction ambulante. Nous avions déjà une bonne idée de son incompétence, mais aucun autre n'était disponible, nous fîmes avec.

Il nous aida à guider/pousser Nymph et sa patte folle jusqu'à l'écurie. Il l'examina et déclara qu'elle avait peu de chance de s'en sortir, qu'elle ne pourrait plus courir, plus se coucher et surtout, plus se relever... l'euthanasie était conseillée.

C'était sans connaître l'obstination de Nymph et ma propre tête de mule (et celle d'André, l'un ne battant pas l'autre)... Nous mîmes le vétérinaire à la porte, nous disant que nous ne prendrions pas une telle décision sans autre avis. Pendant ce temps, comme une grosse veine avait été sectionnée aussi, j'avais mes deux mains en garrot sur la jambe d'une Nymph au calme olympien. Elle s'en remettait à nous, à nous de trouver la solution.

Pendant que je gardais mes mains en garrot (nous ne pouvions installer un tourniquet, car il fallait laisser passer assez de sang pour alimenter la jambe, tout en empêchant l’hémorragie), André tentait de joindre un autre vétérinaire. Il avait fait des photos de la plaie de de la mare de sang, mais pas un ne voulait se déranger (c'était bien avant l'établissement de la fabuleuse équipe de vétérinaires ambulatoires du CHUV, malheureusement). Finalement, un put se libérer. Plus spécialisé en vaches qu'un chevaux, il avait cependant de solides connaissances. Il fit un examen approfondi, nous donnant un meilleur diagnostic, nous expliquant quel tendon était sectionné, les probabilités de rétablissement et de vie normale. Ce serait long, très long à soigner. Il fallait la garder le plus immobile possible au début, surveiller les risques d'infection, refaire ses réserves de fer, etc. Nymph était enceinte de 6 mois et Katmae n'était pas encore sevrée... Nous renvoyâmes Katmae dans le troupeau qui prendrait soin d'elle en l'absence de sa mère qui devrait concentrer toute son énergie pour passer au travers de cette épreuve

Comme nous ne pouvions déplacer Nymph, André construisit une stalle autour d'elle. De quoi s'appuyer et la maintenir, car elle ne pourrait pas marcher avant de longues semaines. Je me souviens lui avoir dit : «Perds ton bébé s'il le faut, mais nous allons sauver ta jambe.»


Six semaines après l'accident, toujours installée dans sa stalle faite sur mesure, sa plaie se comblant...
Au début, j'étais jours et nuits à ses côtés, renouvelant les bandages, surveillant qu'elle ne se couche pas et lui lisant à haute voix des passages des lectures que je m'apportais. Elle essaya une fois de se coucher, le cri d'alarme que je poussai et la douleur la convainquit de ne jamais retenter l'expérience. Elle se mit à muer, alors je passais de longs moments à la brosser, à la masser. Grâce à l'internet, j'ai pu parler à un vétérinaire en Hollande qui me donna meilleur espoir pour sa guérison. Je me renseignai pour finalement élaborer mon propre cycle de traitement. J'ai pris des notes et des photos de toutes les étapes des soins. Comme je voyais la plaie tous les jours, les photos me permettaient de mieux me rendre compte de son évolution.

Deux mois plus tard, nous défaisions la stalle et Nymph faisait ses premiers pas. Une dizaine, tout au plus, qui la laissèrent endolorie et épuisée, mais c'était le début de sa rééducation. La plaie se fermait de plus en plus rapidement, sans granulation excessive. Nous l'emmenions faire de petites marches, quelques pas de plus chaque jour. Elle était passée de la stalle à un box plus spacieux, mais je vivais dans la hantise qu'elle ne se couche et ouvre sa plaie. Ce qu'elle ne fit pas.

Au bout de trois mois, je la lâchais pour la première fois en liberté, avec en tête un : «Ça passe ou ça casse». Ravie, elle s'essaya à quelques foulées de trot, boitante, mais c'était du trot. Ne pouvant résister à l'appel de la neige propre et fraîche, elle plia les genoux pour se rouler et je retins mon souffle; le premier vétérinaire avait dit que si elle se couchait, elle ne serait plus capable de se lever... Elle se roula, se frotta le dos avec délices, puis vint le moment de se relever. Je me souviens combien j'étais avec elle, sentant à la fois ses courbatures et sa joie d'être vivante, libre, un peu euphorique. Elle se releva avec effort, mais elle se releva d'elle-même. Il était évident qu'il y avait eu de la douleur aussi, mais c'était normal. C'est probablement là que je repris mon souffle et que je su qu'elle était sauvée.


Trois mois après l'accident, une Nymph et une humaine heureuses et fières!

Une quinzaine de jours plus tard, nous la mettions dans un petit parc avec Passion, alors poulain de presque un an. En bon échange de services, elle disciplinait Passion, alors que celui-ci l'encourageait à se déplacer, s'occupant de sa rééducation. Nymph n'avait pas perdu le bébé qu'elle portait et qui naitra à terme et en bonne santé, ce sera Nymo (première photo de l'article et ci-dessous).



Quand on connaît l'ampleur de sa blessure et la largeur de la plaie, sa cicatrice était étonnamment petite. On pouvait la voir surtout en été, alors que les poils d'hiver la recouvrait totalement. Au toucher, des années plus tard, on sentait encore l'empreinte de mes doigts qui avaient tenu en garrot durant tant d'heures.  J'avais signé mon œuvre sur sa jambe, mes mains retrouvaient exactement la position, leur empreinte moulée dans la chair. C'était notre premier travail d'équipe remporté haut la main. Nous travaillerons ensuite des années en binômes, fusionnées, son corps lisant le mien même à distance.


Katmae, sa première pouliche, née en 2003.

Nymph retrouvera pratiquement 100% de ses capacités. Le tendon sera tenu par les tissus cicatriciels, seul un œil averti remarquera une légère hésitation dans sa démarche. Comme elle ne pouvait lever ce postérieur très haut pour des raisons mécaniques, elle apprendra à compenser et à aborder les obstacles (troncs d'arbres couchés, marches) du bon pied, l'un entrainant l'autre. Et contrairement aux prévisions annoncées, elle n'hésitait pas à galoper, trotter, se rouler, menant une vie parfaitement normale. Mais c'est aussi pour la ménager que nous la réservions aux enfants et aux grands débutants; tâche qu'elle accomplissait avec générosité, tout en étant une maman stricte, tendre et dévouée.


Avec Pirouette


Avec Baktalo


Elfe, âgé de quelques heures, son dernier bébé.

Nymph et son dernier mari : Inouï, fils d'Harmony et père de Elfe.

Nymph en «sage-jument» accueillant Chazaam, la fille de sa grande amie Jolie.


Nymph et Chimo, une histoire d'amour passionnée, son mari
(les autres étaient des amants de passage !)




Elle a toujours gardé une certaine tendresse pour Passion, elle est un peu sa marraine...



Avec Chimo, complicité...

Ceux qui me connaissent savent que je suis mes intuitions, que j'agis énormément d'instinct et que cela me trahis rarement; quoiqu'il m'arrive de m'interroger sur le bien fondé d'une décision. Le temps finit toujours par me donner des réponses dont j'espère bien tirer leçons.

C'est pourquoi, lorsqu'en 2012, j'acceptai d'envoyer Nymph en France, beaucoup ont cru que j'étais tombée sur la tête... mais mon instinct me disait que c'était la bonne chose à faire, malgré mon cœur meurtrit et mes révoltes intérieurs. Je savais qu'elle ne trouverait pas meilleure maison. Qu'elle serait soignée, aimée, appréciée et qu'elle pourrait poursuivre son œuvre de chaman.


Il y a deux ans, presque jour pour jour, je les accompagnais dans leur long périple vers la Drôme Provençale... Sentiments mélangés, cœur partagé, savoir que l'on fait bien ne dit pas qu'on le fait avec plaisir. Nous avions toutes deux une mission à accomplir.



Nymph dans ses quartiers de rêve, avec une nouvelle amie. Elle ne semble pas trop malheureuse !





Voici ce que son humain français m'écrivait, hier, suite à sa disparition :
«Je pense à toi, à vous, qui avez passé dix années avec Nymph. Cette jument si présente. À tout ce que vous avez vécu ensemble. Pour moi, c'est la seule jument que j'ai vu mettre bas et c’était l’âme du troupeau. Son absence va peser lourd. (...) Incroyable de confiance. Comme souvent, sa forte présence en faisait un être qui ne pouvait disparaître.»

 
Nymph ! Nymph ! Même si c'est à mon cœur défendant que je t'ai envoyée de l'autre côté de l'océan, je n'ai jamais regretté cette décision. Tu étais à ta place, là où tu avais quelque chose à accomplir. Et je ne pouvais rêver meilleure maison pour toi. Nous faisons ce que nous pouvons avec les cartes de l'instant, le reste appartient à la vie. (Agnès Ledig)




Quelques jours avant le départ pour la France...

C'était une belle âme qu'elle n'a jamais hésité à partager. Une chaman... elle nous reviendra bien sous une forme ou une autre !



 En 2010, en compagnie de ses copines, elle posait pour notre carte de voeux de fin d'année...




En partageant ton âme avec moi, tu as conquis une part de la mienne. Bon voyage, ma belle.
Je ne doute pas que le paradis des chevaux t'ait ouvert grand ses portes.
Tu nous manque déjà, encore, toujours.

15 décembre 2014

15 jour...«Triste...»


Une mauvaise nouvelle m'attendait dans la boîte de courriels de mon ordi, ce matin. La perte d'une jument extraordinaire... Nymph.

Je travaillais sur des photos pour le blogue quand j'ai reçu la nouvelle. L'ordre du jour vient de changer. Pour l'instant, je n'ai pas de mots, que des émotions.

Donnez-moi le temps de me rassembler.

Prenez soin de vous.

Isabelle


14 décembre 2014

14e jour...«Un fauteuil pour quatre»


À force de se lever tôt et de passer des heures à jouer dans la neige, vient un moment où le corps crie Grâce ! et qu'une petite sieste s'impose. Il n'y a rien comme un 18 minutes de tranquillité où l'esprit s'abandonne afin que l'on puisse sombrer béatement dans un sommeil profond et réparateur...

Presque toujours, un ou deux chats profitent de l'occasion pour se joindre à moi (qui a déjà vu un chat refuser une petite sieste dans un nid douillet ?)

Me trouvant probablement vulnérable (ou chaude et confortable), TOUS mes compagnons d'aventures enneigées ont décidé qu'ils ne pouvaient m'abandonner sans protection.

Ces photos parlent d'elles-mêmes...




Je tiens à préciser que Frimoos a ses propres coussins et qu'elle n'est pas autorisée à dormir sur les fauteuils... mais elle n'est pas sur le fauteuil puisqu'elle est sur moi ! Je lui ai permis une fois de venir sur moi et, maintenant, elle vient quémander l'autorisation chaque fois que je m'installe dans ce fauteuil, avec un sac de couchage. Elle sait que quelques minutes de sieste sont prévues et que, peut-être, si elle insiste beaucoup,... Je ne l'autorise qu'à l'occasion et les fois où elle doit dormir sur son coussin, elle me fait bien comprendre que cela ne lui plaît pas du tout en poussant de profonds soupirs... Cette chienne est beaucoup trop intelligente pour mon bien !